Après bien des rebondissements ces dernières semaines, la Commission de la représentation électorale entreprend une tournée du Québec dès le 21 avril afin d’entendre la population sur ce projet de refonte de la carte électorale qui a pour principale conséquence de faire perdre trois circonscriptions à des régions en chute démographique (Gaspésie, Bas-St-Laurent et Chaudière-Appalaches) et d’en créer de nouvelles dans des régions plus urbanisées (Montérégie, Laval, Laurentides-Lanaudière).
Mais la carte électorale n’est que la pointe de l’iceberg d’un système électoral désuet qui ne sert plus les intérêts démocratiques de la population du Québec. Au lieu de s’attaquer au problème global, le gouvernement laisse le Directeur général des élections procéder à cet exercice qui ne peut conduire qu’à une solution à court terme. Le déclin démographique de certaines régions est là pour demeurer et, en réglant à la pièce ce type de problème, on ne fait que mettre un diachylon sur la plaie. Ce qu’il faut, c’est revoir globalement le système électoral (le mode de scrutin, la carte électorale, etc.) pour se doter d’un modèle répondant véritablement à nos besoins.
D’une part, si la révision de la carte est nécessaire pour assurer l'égalité des votes quelle que soit son lieu de résidence, l'exercice doit être complété par la réforme du mode de scrutin, qui elle, est essentielle pour assurer l'égalité des votes, quel que soit le parti que l'on choisit. D’autre part, l’égalité des votes n’est pas un absolu puisque des écarts entre les circonscriptions de plus ou moins 25% sont déjà acceptés. Un cadre de référence selon les régions administratives plutôt que les circonscriptions locales nous donnerait une plus grande marge de manoeuvre pour prendre en compte, à la fois, le poids du vote des différents électeurs et électrices et l’importance de la représentation des régions (une sorte de compromis raisonnable, si l’on peut dire). Une refonte purement arithmétique de la carte ne pourra jamais arbitrer ces différentes problématiques. D’autres solutions sont possibles si on se donne la peine de les étudier…
Se mobiliser à l’occasion du passage de la Commission
Il faut donc profiter du passage de la Commission dans votre région pour relancer le débat public sur la nécessité d’une réforme du mode de scrutin en lien avec une nouvelle carte électorale cohérente. Il ne suffit pas que les gens des régions disent qu’ils ne veulent pas perdre leurs comtés et il ne suffit pas non plus que les gens des villes affirment vouloir en gagner! Il faut poser le problème autrement et globalement.
Nous vous invitons à vous impliquer concrètement :
• en vous présentant lors des audiences de la Commission pour prendre la parole en ce sens
• en dénonçant avec des organisations de votre région cette consultation et l’attitude des partis représentés à l’Assemblée nationale qui refusent de s’attaquer au véritable problème de la réforme du mode de scrutin parce que la situation actuelle les sert bien.
Le Parti Vert du Québec et Québec Solidaire ont procédé à une sortie publique commune le 18 avril à ce sujet afin de dénoncer l’attentisme du PLQ, de l’ADQ et du PQ dans ce dossier. Ils ont décidé de mobiliser leurs membres car, seule, la pression citoyenne permettra de sortir du statu quo.
Alors, c’est un rendez-vous du 21 avril au 13 juin!
Patrick Daoust, Association pour la revendication des droits démocratiques
Claude Béland, Mouvement Démocratie et citoyenneté du Québec
Mercédez Roberge, Mouvement pour une démocratie nouvelle
Louise Paquet, Collectif Féminisme et Démocratie