L’égalité entre les femmes et les hommes est la grande perdante de la dernière élection fédérale. En effet, les résultats démontrent que, loin de progresser, la représentation des femmes à la Chambre des Communes régresse. Les 64 femmes élues ne représentent plus que 20,7% de la députation nationale. Dorénavant le Canada se situe au 45ième rang dans le monde pour le nombre de femmes dans son Parlement.
Selon Louise Paquet, du Collectif Féminisme et Démocratie, "Ces résultats illustrent le déficit démocratique lié à la sous-représentation des femmes qui découle du mode de scrutin actuel. Le mode majoritaire uninominal non seulement ne garantit pas l’égalité entre les femmes et les hommes, mais n’assure pas une avancée graduelle vers cet objectif".
À preuve, il n’y a aucune femme d’élue à Terre-Neuve, au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard. Mis à part le Québec (29%), seules deux provinces dépassent la barre du 25% de femmes dans leur députation, soit le Manitoba (28%) et la Colombie-Britannique (25%). Aucun parti n’a atteint la barre du 50% de représentation. C’est le NPD qui s’en sort le mieux avec 41% de femmes élues, suivi du Bloc Québécois (33%) laissant à la traîne le PLQ (20%) et le PCC (11%).
Pour le Collectif Féminisme et Démocratie, les résultats de l’élection fédérale démontrent l’urgence d’agir à tous les niveaux de gouvernement. "Même si le Québec réussit mieux que la fédération canadienne, 32% de femmes à l’Assemblée nationale alors que nous sommes près de 52% de la population, c’est inacceptable dans une société comme la nôtre. Les femmes n’ont plus le temps d’attendre, il faut changer ce mode de scrutin!", de dire Louise Paquet. Profitant du débat actuel au sein de la société québécoise à l’occasion des audiences de la Commission spéciale sur la Loi électorale qui se tiennent du 24 janvier au 9 mars au Québec, le Collectif demande au gouvernement d’adopter un mode de scrutin proportionnel accompagné de mesures contraignantes d’accès à l’égalité pour tous les partis politiques.
"L’avant-projet de loi déposé par le gouvernement du Québec et soumis à la consultation propose uniquement des incitatifs financiers. Cela n’est pas suffisant. Nous ne pouvons plus laisser les partis politiques agir à leur guise", d’ajouter Mme Paquet. "Il faut que l’Assemblée nationale adopte une loi qui oblige les partis politiques à adopter un plan d’action en matière d’égalité et à présenter une liste de candidatures qui assure la parité entre les femmes et les hommes."
"La question de la sous-représentation politique des femmes n‘est pas uniquement le problème des femmes! C’est une problème qui nous interpelle tous et toutes car c’est une question de justice et de démocratie", de conclure madame Paquet.
Le Collectif invite les femmes et les groupes de femmes à se présenter en grand nombre pour prendre la parole en ce sens lors des audiences de la Commission spéciale qui auront lieu dans toutes les régions du Québec jusqu’au mois de mars.
Pages reliées :
Equal Voice 2006 Election Analysis : Women Elected to Parliament (pdf), Vicky Smallman, 24.01.2006
Une leçon de modestie, Pascale Navarro, 18.01.2006