Présent à Québec lors de la première journée des audiences de la Commission spéciale sur la Loi électorale, le Collectif Féminisme et Démocratie demande d’importantes modifications à l’avant-projet de loi soumis à la consultation publique tout en réaffirmant l’importance de procéder à une réforme.
La vision de la démocratie qui anime le Collectif en est une d’inclusion de la diversité sous toutes ses formes : inclusion du pluralisme, des régions, des femmes et de la diversité de la société québécoise dans un système électoral respectueux de la volonté populaire. "À la lumière de ces objectifs, la proposition soumise à la consultation ne passe pas la rampe, c’est pourquoi nous proposons de nombreuses modifications à l’avant-projet de loi", de souligner Louise Paquet, du Collectif Féminisme et Démocratie.
Le Collectif est favorable à l’adoption d’un mode de scrutin mixte à finalité proportionnelle à condition qu’il y ait deux votes, que la compensation soit calculée au plan national et que les mesures assurant l’égalité entre les femmes et les hommes soient sérieusement bonifiées de même que celles ayant trait à la représentation de la diversité ethnoculturelle.
À l’encontre de la position défendue par le Conseil du statut de la femme, et s’appuyant sur des études internationales, le Collectif défend qu’un mode de scrutin proportionnel accompagné de mesures positives constitue la meilleure garantie d’améliorer la place des femmes à l’Assemblée nationale. "Nous proposons que l’égalité soit un objectif clairement affirmé dans la loi et qu’une stratégie globale soit mise en œuvre incluant tant des mesures législatives qu’incitatives. Car 32% de femmes à l’Assemblée quand nous constituons 52% de la population, c’est inacceptable dans une société comme la nôtre", de dire Emmanuelle Hébert.
"La question de la sous représentation politique des femmes n‘est pas uniquement le problème des femmes! C’est une problème qui nous interpelle tous et toutes car c’est une question de justice et de démocratie", de poursuivre madame Hébert. Pour corriger la discrimination systémique vécue par les femmes dans les lieux de pouvoir, le Collectif propose donc que les listes pour allouer les sièges distribués à la proportionnelle soient constituées obligatoirement en alternance des sexes, que l’État oblige les partis politiques à se donner un plan d’action en matière d’égalité, que les bonifications financières proposées soient accordées en fonction d’exigences plus élevées, etc. "En ce qui concerne les mesures d’action positive pour les femmes, le gouvernement peut agir dès maintenant en modifiant la Loi électorale car la plupart des mesures proposées sont indépendantes du mode de scrutin. Mais il faut qu’il manifeste sa volonté politique d’agir!", de conclure Louise Paquet.
> Vidéo de l'audition du CFD devant de la CSLE, 24.01.2006
Pages reliées :
La réforme, maintenant, mais pas n'importe comment!, CFD, 16.01.2006
Début des auditions publiques de la Commission spéciale sur la loi électorale, Cybersolidaires, 25.01.2006