Le Collectif Féminisme et Démocratie se réjouit que le gouvernement du Québec donne enfin suite au dépôt, à l’Assemblée nationale le 15 décembre 2004, de l’avant-projet de loi sur la réforme du mode de scrutin (pdf). En effet, le 31 mai 2005, le ministre responsable, monsieur Benoît Pelletier, annonçait la création d’une commission parlementaire qui sillonnera le Québec à compter de l’automne prochain pour recueillir l’opinion des citoyennes et citoyens. "On doutait de la volonté politique du gouvernement de procéder à la consultation annoncée. Après de long délais le débat pourra enfin commencer sur cette question", de dire Louise Paquet, une des porte-parole du Collectif.
Le Collectif considère que la nomination d’un comité citoyen composé d’un nombre égal de femmes et d’hommes pour accompagner le processus de consultation publique est un pas dans la bonne direction. "Mais cette initiative demeure extrêmement timide et limitée : le ministre aurait pu aller beaucoup plus loin en donnant un rôle plus que consultatif à ce comité. En effet, ce comité est écarté des débats des membres de la commission parlementaire et ne participera pas à la rédaction du rapport final. Le ministre a raté l’occasion de faire pleinement de la réforme du mode de scrutin une "affaire de société" plutôt qu’une "affaire de partis", comme c’est le cas maintenant." En effet, seuls les député-es membres de la commission parlementaire, qui sont d'ailleurs majoritairement du parti libéral, décideront des recommandations du rapport final.
"Il est regrettable, selon Madame Paquet, que le gouvernement ait choisi de ne pas suivre un processus similaire à celui de la Colombie-Britannique où la démarche a été confiée exclusivement à une assemblée citoyenne. À tout le moins, le ministre aurait dû retenir l'idée d’une commission parlementaire vraiment spéciale composée de façon paritaire de partis politiques et de citoyen-nes. La réforme du mode de scrutin n’est pas un projet de loi comme les autres : elle engage l’avenir de la société québécoise pour longtemps. On aurait pu s’attendre à ce que le gouvernement se hisse hors de la logique partisane pour en disposer."
Le Collectif demande que la commission parlementaire soit aussi composée d’un nombre égal de femmes et d’hommes et que la ministre de la Condition féminine y soit présente compte tenu de l’importance de la question de la sous-représentation des femmes à l’Assemblée nationale. À cet égard, le Collectif veut que l’objectif d’égalité soit mis de l’avant dans l’éventuel projet de loi et que des mesures concrètes soient adoptées afin de corriger cette situation le plus rapidement possible. Il entend mobiliser le mouvement des femmes afin que les Québécoises parlent haut et fort dans le cadre de cette consultation.
Enfin, il réitère l’importance que des ressources financières soient investies afin d’informer adéquatement la population et lui donner les moyens de participer à la consultation. "Il ne faut pas que les débats se limitent aux seuls initiés mais que la population participe pleinement à cet exercice démocratique, de conclure madame Paquet."
Le Collectif Féminisme et Démocratie est formé de militantes de plusieurs horizons. C’est un lieu d’information, de formation et d’échanges sur les questions politiques, un espace propice au débat pour identifier les enjeux féministes et un instrument pour atteindre enfin une représentation égalitaire des femmes et des hommes dans les institutions politiques.
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