Les 24, 25 et 26 janvier 2003 s’est tenu, à Montréal, le colloque "De la parole aux actes : regards de femmes sur la démocratie", organisé par le collectif Féminisme et démocratie. Près de 200 femmes — et quelques hommes — se sont réunies pour discuter des enjeux pour les femmes mais aussi des stratégies à adopter dans le débat actuel sur les institutions politiques et le mode de scrutin.
Ce colloque a été l’occasion de soumettre à la discussion une plate-forme politique pouvant servir de base aux interventions des femmes dans le débat sur les institutions et les pratiques démocratiques. Cette plate-forme aborde les thèmes suivants : le déficit démocratique, les diverses formes de démocratie, les institutions politiques, le mode de scrutin, l’égalité dans la représentation politique et les mesures de soutien aux candidates et aux élues. Le thème général de la plate-forme, Penser enfin une démocratie avec les femmes donnait déjà à entendre que celles-ci voulaient être partie prenante du débat sur les institutions démocratiques.
Après d’intenses discussions qui ont mis en lumière les diverses approches du mouvement des femmes au Québec sur ces questions, les participantes ont fixé trois grandes priorités : changer la culture politique; s’engager en faveur d’un mode de scrutin proportionnel; promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes dans la représentation politique.
La conclusion essentielle de ce colloque est la suivante : assez d’incitation, assez de supplications, il est temps d’agir! Ce que les femmes veulent, c’est une loi qui oblige les partis politiques à présenter des femmes. À cet effet, elles exigent une loi sur la parité comme moyen de promouvoir l’égalité dans la représentation politique. Une telle loi, pour ne pas être contournée, devra être assortie de sanctions sévères à l’encontre des contrevenants. Plusieurs ont souligné que ce n’est qu’avec des lois qu’on peut faire avancer les mentalités et provoquer des changements de culture politique.
Pour les participantes au colloque, il est nécessaire de s’engager dans une réforme des institutions ou du mode de scrutin, mais celle-ci doit impérativement comporter des mesures de promotion de l’égalité politique des femmes et des hommes. La démocratie exige des réformes institutionnelles et l’inclusion réelle des femmes.
Né en mars 2002 de la volonté de participer pleinement au débat public sur les institutions démocratiques, le collectif Féminisme et démocratie est formé de militantes issues de tous les horizons et engagées sur une base personnelle. Celles-ci se sont inventé un espace propice à la délibération afin d’identifier les enjeux féministes liés à la réforme des institutions.
Article relié : Au colloque du Collectif Féminisme et démocratie, des femmes exigent leur place dans les institutions démocratiques au Québec, Micheline Carrier et Élaine Audet, 07.02.2003